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Histoire de la Palestine / Français

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Histoire de la Palestine

La Palestine n’est pas un concept inventé au XXe siècle. C’est une terre aux racines profondes, un peuple continu, et une histoire d’appartenance qui s’étend sur des millénaires. Cette page offre le récit d’ensemble de la Palestine tel que les Palestiniens le comprennent eux-mêmes : une histoire de présence indigène, de couches successives de civilisation, de rupture coloniale, de dépossession de masse et de résistance ininterrompue. Le peuple palestinien n’a jamais accepté l’effacement de son histoire ni le déni permanent de ses droits. Son récit est celui de la sumud — la constance — face à une puissance écrasante.

Une terre qui a toujours été habitée

Bien avant que les cartes politiques modernes ne soient tracées, la terre située entre la mer Méditerranée et le Jourdain abritait des cités-États cananéennes, des communautés philistines côtières, puis des populations successives qui sont devenues les ancêtres des Palestiniens d’aujourd’hui. Les preuves archéologiques, la continuité linguistique et les traditions vivantes indiquent toutes une présence profonde et continue. Les Palestiniens ne sont pas des nouveaux venus ; ils sont le peuple de la terre qui est resté à travers les empires, les conquêtes et les transformations.

De l’âge du bronze à l’âge du fer, la région historiquement connue sous le nom de Canaan a développé des centres urbains sophistiqués, des systèmes agricoles et des pratiques culturelles. Les gens qui y vivaient n’ont pas disparu. Ils se sont adaptés, se sont mariés, se sont convertis et ont continué. Cette continuité est centrale dans la compréhension palestinienne de l’histoire : la terre n’a jamais été vide, et son peuple n’est jamais parti de son plein gré. Les récits coloniaux qui commencent l’histoire en 1880 ou 1917 effacent délibérément cette longue présence afin de justifier la dépossession.

Les empires sont venus et partis — le peuple est resté

Assyriens, Babyloniens, Perses, Grecs, Romains, Byzantins, califats islamiques successifs, Croisés, Ayyoubides, Mamelouks et Ottomans ont tous gouverné la terre à différentes époques. Chacun a laissé des traces architecturales, administratives et culturelles. Pourtant, à travers chaque changement de dirigeants, la population locale — arabisée et islamisée au fil des siècles, mais enracinée dans des couches plus anciennes — est restée les habitants principaux des villages, des villes et des cités.

À la fin de la période ottomane, la Palestine était une réalité administrative et sociale bien définie. Son peuple parlait arabe, cultivait les mêmes terrasses d’oliviers et les mêmes vergers d’agrumes que leurs grands-parents avaient soignés, et maintenait un fort sentiment d’identité locale et régionale. L’idée que la Palestine était « une terre sans peuple » était une fiction coloniale conçue pour justifier la dépossession à venir.

Le projet colonial et la route vers la catastrophe

À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, un mouvement politique connu sous le nom de sionisme a émergé en Europe avec l’objectif explicite d’établir un foyer national juif en Palestine. Ce projet a coïncidé avec le déclin de l’Empire ottoman et la montée de la puissance coloniale européenne. La Déclaration Balfour de 1917, émise par le gouvernement britannique, promettait de soutenir un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine tout en ne faisant référence que de manière vague aux droits des communautés non juives existantes — qui constituaient la grande majorité de la population.

Sous le Mandat britannique (1920–1948), les institutions sionistes ont systématiquement acquis des terres, construit des structures économiques et militaires parallèles et préparé l’État. Les Arabes palestiniens, qui formaient environ 90 % de la population au début du Mandat, se sont organisés politiquement, ont protesté et se sont révoltés (notamment en 1936–1939). Leur résistance a été rencontrée par une répression britannique dure et une capacité militaire sioniste croissante.

La Nakba de 1948 — La catastrophe fondatrice

Plus de 750 000 Palestiniens ont été chassés de leurs foyers. Plus de 400 villages ont été vidés et dans de nombreux cas rasés. Des familles qui avaient vécu pendant des générations à Lydda, Ramle, Deir Yassin, Tibériade, Safed, Haïfa, Jaffa et des centaines d’autres localités sont devenues des réfugiés du jour au lendemain. Le Plan Dalet a fourni des directives opérationnelles pour la prise de territoire. Les massacres ont semé la terreur. Les marches forcées ont vidé des villes. Les lois israéliennes ont ensuite transféré les biens des « absents » à l’État et aux institutions juives. Le droit au retour de ces réfugiés et de leurs descendants reste l’une des questions fondamentales non résolues du conflit et une exigence centrale du mouvement national palestinien.

Occupation, colonisation et résistance continue

En 1967, Israël a occupé la Cisjordanie, Jérusalem-Est, la bande de Gaza et d’autres territoires. Cette occupation dure maintenant depuis plus d’un demi-siècle. Elle s’est accompagnée de la construction de centaines de colonies sur des terres occupées, de la construction d’un mur de séparation, de checkpoints militaires, de démolitions de maisons et d’un système complexe de contrôle qui fragmente la vie et le territoire palestiniens.

Tout au long de ces décennies, les Palestiniens ont résisté par la lutte armée, les soulèvements populaires (la première et la seconde Intifada), la désobéissance civile, la production culturelle et le plaidoyer international. Le récit palestinien insiste sur le fait que la résistance est une réponse légitime à l’occupation et à la dépossession, et que les questions fondamentales — le droit au retour, la fin de l’occupation, l’autodétermination et l’égalité — ne peuvent être effacées par la supériorité militaire ou la pression diplomatique.

Gaza, la Cisjordanie et la réalité présente

Aujourd’hui, la Palestine reste une question vivante. À Gaza, sous blocus depuis 2007 et soumise à des assauts militaires répétés d’une ampleur dévastatrice, plus de deux millions de personnes continuent de survivre et de résister. En Cisjordanie, les confrontations quotidiennes avec les colons et l’armée façonnent la vie. La violence des colons a augmenté. Les raids militaires, la détention administrative et les démolitions de maisons restent routiniers. À Jérusalem, la lutte sur le caractère de la ville et les droits de ses résidents palestiniens se poursuit. Dans la diaspora, des millions de Palestiniens maintiennent la mémoire de leurs villages et l’exigence du retour.

L’histoire continue

Cette série de pages raconte cette histoire en détail : les racines anciennes, les siècles islamiques et ottomans, la rupture coloniale, la Nakba, les décennies d’occupation et la réalité présente. Elle est écrite d’une perspective palestinienne claire — non pas comme de la propagande, mais comme le récit historique d’un peuple qui refuse de disparaître. L’histoire de la Palestine est encore écrite par ceux qui insistent sur le fait que la justice, aussi retardée soit-elle, reste possible. La liberté, la dignité, le droit au retour et l’autodétermination ne sont pas des extras négociables ; ce sont les exigences minimales de tout avenir juste.